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Le BLOG 11 de Michèle Béguin
Danser avec les LAMBADIS


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Danser avec les Lambadis.

Ce ne sont pas sur les routes du grand tourisme que je veux vous entraîner mais sur celles qui, au hasard de voyages de découverte, mettent en présence de peuplades peu et mal connues, néanmoins, ayant eu leur importance dans l'Histoire de l'Inde. C'est le cas des Lambadis. Tout livre de luxe sur la destination a une de leur photo avec leurs parures étonnantes et à par leur nom...rien de plus. Leurs origines sont encore très discutées et les spécialistes se perdent encore entre plusieurs éventualités. Il est vrai que pour la plupart d'entre eux, leurs traits physiques les apparenteraient plutôt aux populations des origines de l'Inde. Selon certains chercheurs leur origine est l'Afghanistan d'où ils seraient venus pour émigrer dans le Rajasthan actuel avant de se disperser dans presque toutes les régions centrales et méridionales du pays? Sont-ils venus du sud Rajasthan pour le commerce du sel et des bovins ou bien étaient - ils déjà sur le plateau central du Deccan à cette époque là? Rien n'est établi, ni par documents ni récits de voyageurs d'étrangers. Autant de spécialistes, autant d'hypothèses privilégiées. Les Lambadis -appelés aussi Banjaras- ont été des nomades dans les siècles passés parcourant les régions du sud Rajasthan au plateau du Deccan loin jusque vers l'Andhra Pradesh actuel. Ils ont été même catalogués de collaborateurs pendant la période moghole en ravitaillant leurs armées pendant les périodes de guerres. Mais leur rôle exact n'est pas connu avec précision. La politique de l'Inde contemporaine a visé la sédentarisation des populations itinérantes de l'Inde, les Lambadis ont été inclus dans cet effort. Leur statut varie selon les états de l'Inde. Il va de "caste répertoriée" à tribu du même qualificatif et même encore plus modestement appelée "autre classe défavorisée". Ils sont maintenant installés sur des terrains alloués par le gouvernement indien dans de petits villages -thanda- constitués par leur communauté seulement. Maisons simples mais en dur, et ruelles propres en terre avec des pierres ici et là. Les costumes sont restés identiques à ceux du passé. Les hommes portent leur dhoti et kurta avec un turban rose foncé à rouge et les femmes des jupes, chemises et voiles fleuris de couleurs vives mais les bijoux, eux, sont remarquables. Ceux de tête, entortillés dans le voile et maintenus pour ne pas gêner pendant les tâches quotidiennes, sont laissés libres dès que les travaux sont terminés ou que l'on veut les montrer par coquetterie ou orgueil communautaire. Ce sont deux pendentifs articulés en argent, que l'on imagine pas porter tant ils sont gros et semblent lourds. Ces femmes les supportent toute leur vie matrimoniale, dorment avec et bien sûr ne les quittent qu'en cas de veuvage. Ces ornements sont extraordinairement beaux et bien ouvragés. Il faut voir la malice dans les yeux des femmes Lambadis devant l'étonnement que l'on ressent en les regardant...car avec cela, elles portent de nombreux autres bijoux...de tête, de cou, de poignets, de chevilles et d'orteils. De plus, pour une fête comme la danse de Holi, la veille de la fête des couleurs, elles en rajoutent. En argent toujours mais aussi en cauris qui sont les coquillages que tout Lambadi portait dans le temps, quelque part sur son corps et que l'on retrouve aussi cousus sur certains tissus de leurs parures. Inclus mais à part, hindous pour la majorité, ils ont leurs coutumes et pratiques et gardent avec soin l'indépendance territoriale de leur village toujours en marge du voisinage . Bons éleveurs et agriculteurs de talent, ils sont d'un abord cordial. Le seul problème est de comprendre leur langue, le Lambadi. Issue du sanskrit et mélangée d'hindi, marathi et télugu ils parlent aussi la langue de l'état de résidence mais articulée à une telle grande vitesse que le roulement amusant des sons devient tout à fait incompréhensible surtout pour une étrangère même parlant hindi. Leur fête est Holi, jour particulier consacré à l'éradication du mal en brulant son symbole sur le bucher. Pour cette occasion, en fin d'après midi ... on danse! les femmes revêtent de belles tenues de couleurs vibrantes comme d'habitude mais encore plus sophistiquées par des ajouts de bijoux partout où elles peuvent en porter..Le lendemain, c'est Dhulandi : le jour des couleurs dont les indiens se jettent des poignées pleines de poudres vibrantes, oublient leurs rancœurs avec autrui avant de poursuivre et de continuer leur vie.



signature michele beguin

A Propos de Michèle Béguin

CNIL:1050096 2004 © Michèle Béguin